BOURGES
vendredi 21 mars 2008 - 06:00
Immobilier : les pros gardent le moral
Les agences immobilières gardent le moral, même si l'activité est plus que ralentie, surtout depuis le début de l'année. L'époque du pain blanc s'achève.
Laurence Javal
laurence.javal@centrefrance.com
Les difficultés du marché immobilier font revenir un peu de raison. « Avant, quand une personne mettait un bien en vente, il disait j’en veux cent donc je demande cent vingt. Aujourd’hui, il faut dire j’en veux cent, donc je demande cent ». C’est l’analyse d’un jeune dans le métier, Pierre Morillon, de l’agence Les Trois Bourses (réseau Immorevente), place Saint-Pierre. « Le marché est à la baisse, ou il stagne. Avant, les prix anticipaient la hausse. Il faut rompre les habitudes et vendre au prix ». D’autant que « depuis cinq ans, à Bourges et ailleurs, l’immobilier n’a pas cessé d’augmenter. Ceux qui ont acheté à cette période n’arrivent plus à vendre, surtout avec la baisse du pouvoir d’achat », ajoute Gaël Dollé, le gérant de l’agence de la place Saint-Pierre.
Sylvain Morant, de Laforêt Immobilier, route de La Charité, estime être dans une situation d’attente. « Mais les vendeurs doivent devenir raisonnables ». Il partage aussi cette notion de vrai prix : « Nous sommes dans une période où les acquéreurs ont le choix. Ce qui se vend, c’est ce qui est au prix juste. Mais nous sommes dans un marché latent. Et cela peut durer. Il faut que l’orage passe ».
Les taux sont redevenus ceux de 2002
Philippe Couret, directeur de l’Immobilière Guignard, place Mirpied, est catégorique : « Ça ne va pas. On sent la baisse depuis septembre, et cela s’est accentué depuis janvier. Certaines banques deviennent réticentes. Sans doute le spectre américain. La demande immobilière est là, « mais nous ne sommes pas en phase », estime M. Couret, dans l’immobilier depuis près de vingt ans. « A mon avis, nous ne retrouverons une esquisse de reprise en terme de volume qu’à partir de 2010 ».
Benjamin Thillou, de Carmin Immobilier, place de la Nation, tient un discours plus optimiste : « Il y a toujours des acquéreurs, toujours des biens à vendre. On parle des taux qui ont augmenté. Ils sont redevenus ce qu’ils étaient en 2002. Mais dans notre activité, il y a encore des choses à faire. Le marché existe ». C’est une question de prix, sans doute.